Amplificateur différentiel
L’amplificateur différentiel est un montage à AOP à deux tensions d’entrée et une tension de sortie. Son schéma est le suivant :

Ce montage forme la différence entre deux tensions d’entrée. La tension sur l’entrée « + » a le signe positif, celle sur l’entrée « − » le signe négatif. Il n’est donc pas indifférent de savoir quelle tension on branche sur quelle entrée. Les tensions ne sont pas reliées directement aux entrées de l’AOP, mais là encore par un réseau de résistances.
La formule de la tension de sortie peut s’interpréter comme le produit d’un gain positif v par la différence de tension. Les deux paires de résistances de même nom ont là encore chacune la même valeur.
J’ai établi la formule de la tension de sortie pour l’amplificateur sommateur. Vous pouvez essayer vous-même d’établir celle de l’amplificateur différentiel avec la même démarche. La solution est déjà donnée pour contrôle.
Indication : déterminez la tension UR2 à l’aide du diviseur de tension formé de U2, R1 et R2. Faites passer la maille contenant la source U1 par UR2.
Reprenons une tension de capteur présentant un offset. L’amplificateur différentiel convient parfaitement pour éliminer l’offset. Nous utilisons de nouveau une tension de décalage, que nous appliquons soit à U1, soit à U2. Dans un cas elle agit positivement, dans l’autre négativement sur le signal du capteur.
Le gain de l’amplificateur différentiel est positif, celui de l’amplificateur sommateur négatif. Avec l’amplificateur différentiel, l’opération U2 − U1 décale donc le signal entièrement dans le domaine positif, de sorte que la borne inférieure soit à 0 V. On multiplie ensuite par un gain positif.
Reprenons l’exemple de la PT100 sur source de courant.


Le capteur correspond à la source U2, la tension de décalage à la source U1. Nous pouvons ainsi travailler avec une tension de décalage positive, soustraite de la tension du capteur. L’avantage de la solution avec amplificateur différentiel est qu’elle ne nécessite pas de tension de décalage négative, difficile à fournir en pratique.
Théorème de superposition
Remarque : cette parenthèse n’est pas au programme de l’examen. Elle traite des questions suivantes :
1. Comment calcule-t-on au juste la tension de sortie d’un montage à plusieurs tensions d’entrée ?
2. Pourquoi l’amplificateur différentiel doit-il avoir un diviseur de tension sur l’entrée non inverseuse (côté source U2) ?
Pour répondre à ces deux questions, considérons un faux amplificateur différentiel, sans diviseur de tension sur l’entrée non inverseuse (côté source U2). Les deux questions y trouvent une réponse plus simple. Remarque : ce montage n’est pas utile en pratique ; il ne sert ici qu’à l’explication.

Pour calculer des montages à deux sources d’entrée, on applique le théorème de superposition. Il fonctionne ainsi : on pose d’abord la première source U1 = 0 V et l’on calcule le comportement de la tension de sortie en fonction de l’autre source U2. Avec U1 = 0 V, on a un amplificateur non inverseur. Comme U1 = 0 V, la source U1 peut être remplacée par un court-circuit. On a :

On pose ensuite la seconde source U2 = 0 V et l’on calcule le comportement de la tension de sortie en fonction de l’autre source U1. Avec U2 = 0 V, on a un amplificateur inverseur. La source U2 peut être remplacée par un court-circuit. On a :

On fait ensuite la somme des deux tensions de sortie partielles (Teil = partie). On a :
Ce montage forme la différence des deux tensions d’entrée multipliée par un gain. Malheureusement, la formule contient encore une tension U2 de trop. Le diviseur de tension sur l’entrée non inverseuse du « vrai » amplificateur différentiel élimine ce terme. Reprenons le schéma du « vrai » amplificateur différentiel. Les calculs ci-dessus donnent :

La tension sur l’entrée « + », U+, est amplifiée selon la formule de l’amplificateur non inverseur, exactement comme dans le montage précédent. Seulement, la source U2 n’y est plus appliquée directement. Entre U+ et U2, nos prédécesseurs ont habilement placé un diviseur de tension, avec :
On a donc à la sortie de l’AOP :
Nous obtenons une formule dans laquelle les tensions d’entrée sont soustraites l’une de l’autre puis amplifiées par un facteur commun. À mes yeux, cette solution est simple et élégante, et donc brillante.